Dans le domaine de la photographie on assiste en Iran depuis quelques ann饳 ࠵ne effervescence artistique aussi dynamique que cr顴ive et originale. En ces temps particuliers que traverse leur pays, de jeunes photographes talentueux ont cr饠un v鲩table mouvement artistique original, riche et surprenant, en explorant les facettes paradoxales et complexes de la vie sociale des Iraniens.
Silk Road Gallery parraine ce mouvement qui d鰡sse les fronti貥s de l?Iran et suscite un grand int鲪t international.
L?exposition pr鳥nte r鵮it les ?uvres de sept photographes parmi les plus c鬨bres : Mehran Mohajer, Shadi Ghadirian, Bahman Jalali, Rana Javadi, Peyman Houshmandzadeh, Mehraneh Atashi, Ghazaleh Hedayat. Chacun ࠳a mani貥, avec son regard, traduit en photo une histoire in餩te et sensible de son pays.
Mehran Mohajer est n頥n 1964 ࠔ騩ran. Apr賠une licence de photographie et une maise de linguistique ࠬ?Universit頤e T騩ran, il enseigne la photographie dans cette mꭥ universit頴out en travaillant comme traducteur et lexicographe. Il expose ses premi貥s ?uvres dans des galeries et mus饳 d?Iran. A deux reprises (1987 et 1993) il re篩t le Premier prix de l?Exposition annuelle de la photographie du Mus饠des Arts Contemporains de T騩ran et expose r駵li貥ment ࠬa Silk Road Gallery depuis son ouverture.
Les ?uvres photographiques de Mehran Mohajer sont 駡lement connues en Europe : en 2001, il a expos頵ne s鲩e de photographies intitul饠"Photo-Papers Project ࠬ?exposition ?Regards Persans? ࠬ?Espace Electra ࠐaris, puis ࠦquot;Haft" (Boulogne Billancourt, 2003), au Parc de la Vilette et ࠂerlin en 2004. Avec la Silk Road Gallery il a expos頠 Paris Photo 2004, DFoto 2005 (Saint S颡stien) et Photo London 2005.
Mehran Mohajer est un artiste en recherche perp鴵elle. Se m馩ant des clich鳠qui, paradoxalement, fonctionnent souvent bien, il exp鲩mente constamment de nouvelles id饳 et des visions diff鲥ntes. Simples et d鰯uill饳, les images de Mohajer sugg貥nt une atmosph貥, pr鳥ntent une situation nuanc饠sans chercher ࠦrapper, ni ࠰rovoquer. La force de son ?uvre est caract鲩s饠par une douceur omnipr鳥nte et subtile.
Les images de la s鲩e Les paquets non d颡ll鳠nous intriguent par leur myst貥. Des emballages mi-opaques, mi-transparents cachent des objets. D'autres, travers鳠par des bandes rouges et vertes 鶯quent sans certitude le drapeau iranien. Sur certaines photos on croit discerner l'image de l'un des anciens dirigeants iraniens, de simples fils rouges d鰡ssent des paquets et leur donnent un aspect zen. Le papier journal d飨ir頤'autres emballages laisse entrevoir des livres dont on ne connani les titres, ni les contenus. Est-ce un reportage sur un 鴲ange lieu visit頯u imaginaire? Les photos de Mohajer parlent mais ne nous apportent jamais de r鰯nse.
Shadi Ghadirian est n饠en 1974 ࠔ騩ran, a fait des 鴵des en photographie ࠬ'Universit頁zad de T騩ran. Sa premi貥 s鲩e de photos intitul饠Les Ghajar a imm餩atement connu un succ賠international, avec ces femmes iraniennes habill饳 ࠬ'ancienne mais d鴥nant un objet contemporain. Sa deuxi譥 s鲩e "Comme d'habitude" o? femmes voil饳 tiennent un ustensile de cuisine devant le visage a confirm頳on talent. Avec ces deux s鲩es de photos, Shadi Ghadirian a particip頠 de nombreuses expositions ࠐaris, Londres, Barcelone, Berlin, New York et ailleurs dans le monde.
Son oeuvre a toujours suscit頤e vives r顣tions : en Iran certains l'accusent de tourner en d鲩sion l'image de la femme iranienne, tandis que d?autres l'imaginent f魩niste militante ou la soup篮nent de ne pas pouvoir aller au-delࠤe ses deux premi貥s oeuvres. En Europe "Comme d'habitude" est consid鲩 comme une caricature insolente et un message incisif de protestation.
Sa nouvelle s鲩e de portraits met en sc讥 la sensualit頩nhib饠de femmes couvertes de voiles et qui chercheraient ࠳ortir de leur tour d'ivoire pour rejoindre le commun des mortels.
Bahman Jalali est un autodidacte passionn頻 Tr賠actif dans le domaine de la photographi, il a fond頬e premier Mus饠de la photographie en Iran. Ses oeuvres ont 鴩 pr鳥nt饳 dans plus de dix expositions personnelles ou collectives, en Iran comme ࠬ?鴲anger : Regards Persans (Paris, 2001), Vis ࠖis (Hotel Fairmont, Dubaﬠ2004), Paris Photo en 2004, Dphoto ࠓaint S颡stien et Photo London en 2005.
Bahman Jalali parle ainsi de sa s鲩e Image de l'imagination : "Durant mes ann饳 d'enseignement ࠬ'universit頥t au cours de mes nombreux voyages en Iran j'ai vu beaucoup de photos prises par des photographes peu connus. Certaines sont rest饳 dans ma m魯ire, d'autres ont seulement laiss頬eur empreinte dans mon imagination. Pour retrouver ces images j'ai d'abord essay頬es nouvelles technologies en utilisant mon imagination comme un filtre. Mais les ordinateurs ne pouvaient pas leur rendre justice, j'avais besoin de leur veritable pr鳥nce. J'ai donc essay頬a technique d'offset. Avec de grosses machines j'ai m鬡ng頤iff鲥ntes images : des rois, des eunuques, des femmes, des hommes, des lieux, des maisons et des choses 鴲anges. Puis je suis all頤ans la chambre noire. Sur la surface sensible du papier photo ordinaire ces images ont cr驠un monde nouveau, un monde que l'on ne trouve que dans l'imagination. Dans un espace entre le tangible et le virtuel, avec le temps apparaissant en lambeaux, s'est cr驠un univers rapprochant encore plus ces deux r顬it鳮"
Peyman Houshmandzadeh, a 36 ans. Apr賠des 鴵des de photographie ࠬ'universit頁zad de T騩ran, il a travaill頣omme photo-journaliste dans plusieurs quotidiens et agences de presses iraniens et 鴲angers, et a 駡lement publi頤es r飩ts et romans. Laur顴 de nombreux prix internationaux, Peyman Houshmandzade a expos頲駵li貥ment ses photos en Iran et ࠬ'鴲anger.
Il est traditionnel en Iran d?orner sa maison d'images populaires repr鳥ntant des sc讥s des d颵ts de l'islam, le martyre des imams, le p謥rinage ࠌa Mecque ou des versets du Coran. Bien plus qu'une simple d飯ration, ces images sont des talismans pour pr鳥rver la famille et la maison du malheur, lui apporter prosp鲩t頥t longue vie. Houshmandzadeh a photographi頣es d飯rations-talismans o?c?ent ic? populaires, horloges, paysages et versets du Coran calligraphi鳠sur des horloges. Contrastes et paradoxes 鴯nnants de couleurs criardes et gaies pour repr鳥nter des th譥s d?une rare la gravit鮊
